L’histoire des rideaux forestiers ou pourquoi est-ce que nous craignons les tempêtes de neige

Si vous avez lu un journal ou vu une émission TV pendant l’hiver passé, vous savez certainement de quoi il s‘agit quand je dis « l’enfer blanc », « l’enfer du Bărăgan » ou « la colère de la nature ». La presse semble-t-elle avoir une préférence pour le drame et oublie que – permettez mois de rappeler une fameuse citation – « l’hiver n’est pas comme l’été ». Bien sûr, toutes ces formules exagérées et les idées portées à l’extrême sont fondées sur une réalité neigeuse : comme on se souvient facilement, on a appris pendant les classes de géographie que la Roumanie est un pays ou, pendant l’hiver, il neige.

Le Bărăgan et la Moldavie sont les deux régions les plus affectées par les tempêtes de neige et le blizzard, à cause de l’absence d’une protection face aux vents froids qui soufflent du nord-est, Le paysage plat, typique pour les plaines, permet à la neige de former des banques assez grands pour bloquer le trafic, et la vitesse du vent dépasse parfois 90km/h. Evidemment, ce ne sont pas les meilleures conditions pour conduire une voiture, par exemple sur l’autoroute A2, une des voies routières affectées chaque année par de telles problèmes.

L’autoroute A2 à l’ouest de Dragalina, sans aucun rideau forestier de protection.

Mais je vous propose de regarder plus attentivement la route. Et je vous conseille, afin d’éliminer toute doute quant à la qualité des informations présentées dans l’article, d’ouvrir Google Maps et de faire une promenade virtuelle au long de l’autoroute A2, dite aussi l’autoroute du Soleil (dans le cas ou vous n’avez déjà passé sur cette route). Est-ce que vous remarquez quelque chose ? Bien sûr, vous ne verrez aucune forêt. Et cette absence n’est pas du tout un accident isolé : les forêts ou les rideaux forestiers de protection n’existent pas dans les zones affectées chaque hiver par les blizzards. Les routes passent par des champs ouverts, entourés par des cultures agricoles, sans aucun rideau forestier de protection pour retenir la neige et réduire la vitesse du vent.

Le rôle des rideaux forestiers a été débattu depuis longtemps dans la littérature de spécialité (une brève histoire, en roumain, peut être trouvée ici et des informations sur le système national des rideaux forestiers sont disponibles ici). De plus, les rideaux forestiers sont définis comme un bien d’intérêt général et font aussi l’objet d’une loi de 2002 (L 289).

Les dispositions de la loi mentionnée en haut sont très claires, y compris en ce qui concerne les rideaux et cordons qui protègent les voies de communication : les rideaux forestiers pour la protection des voies de communication et de transport sont établis d’un côte et de l’autre de la voie, sur les portions qui sont affectées fréquemment par des neiges abondantes (l’article 6), la nécessite de leur établissement se fonde sur des études effectués dans le cadre les institues de recherche en sylviculture, par des personnes morales attestées (l’article 7) et leur création est obligatoire pour les personnes physiques ou morales qui détiennent des terrains visés par les études mentionnés antérieurement (l’article 8). Autrement dit, les autorités publiques dans le domaine de la sylviculture ont l’obligation de créer des rideaux forestiers, même en absence de l’accord du propriétaire d’un terrain, cas dans lequel ROMSILVA doit commencer la procédure d’expropriation (Chapitre III). Dans le cas où les propriétaires sont d’accord avec l’établissement des forêts de protection sur leurs terrains, ils bénéficient d’une série d’avantages, tels que des compensations en argent, la possibilité de valoriser les produits de la forêt (bois, fruits, champignons etc.), des facilités fiscales etc.

Et, par conséquence, pourquoi est-ce que les rideaux forestiers n’existent pas ?

Nous ne continueront pas avec l’interrogation sur ce sujet, mais je voudrais simplement énumérer quelques avantages de ces forêts, bien qu’évidents, dans l’espoir que cette liste sera une source d’inspiration pour ceux qui ont le pouvoir de faire quelque chose sur le sujet de notre article et que, dans quelques années, nous pourrons conduire sur des routes mieux protèges, même pendant l’hiver, quand il neige :

  •  La protection des terrains agricoles et des villes/villages face aux facteurs météorologiques extrêmes;
  •  L’amélioration du microclimat local;
  •  La protection du sol contre l’érosion;
  •  L’équilibre des circuits hydrologiques;
  •  L’augmentation de la biodiversité locale;
  •  La capture du monoxyde de carbone et des poussières générées par le trafic et l’amélioration de la qualité de l’air;
  • La limitation de la pollution phonique;
  • La création d’une source d’exploitation du bois et des produits secondaires des forêts;

Et, bien sûr, la diminution de l’impact négatif des phénomènes météo extrêmes sur l’infrastructure et les voies de communication.

Sources des infos1, 2.

Sources des photos12, Google Maps 2017.

Article écrit par Magda Baidan et traduit par Mihail Mitoșeriu.

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